Dominique Van den Bergh,

Untitledness,

Entre deux mondes

Dominique Van den Bergh dessine. Au pinceau, elle superpose de subtiles couches d’encre noire qui peignent un univers où le temps n’a plus cours. Ses personnages semblent suspendus, figés dans une histoire qui s’échappe. Le paysage les rattrape, annihilant toute volonté de fuite. Il les fixe dans une nature sans âge où ils errent sans but dans une attente sans fond. Calmes, il sont offerts à la résignation. Immobiles, leur présence se fait somnambulique. Parfois, il se rapprochent dans une hébétude partagée. Hostilement familière, la nature les enveloppe d’un voile immémoriel. Le renard s’interroge; les oiseaux se figent, puis s’envolent d’un battement d’ailes onirique. Dans ces scènes au crépuscule flotte une tranquille étrangeté où le silence prend corps. D’où vient le trouble ? Quel est ce mystère qui règne ? Un homme regarde. Une femme est au bord du gouffre. Seuls ou par petits groupes, les êtres déambulent sans issue, abandonnés de toute idée d’ailleurs. Avançant à l’aveugle, ils se laissent porter par la clarté des brumes, lointain reflet d’une impossible illumination. Des vapeurs boréales, des frôlement sans parole, des présences impalpables... Dominique Van den Bergh peint un monde flottant. Dans l’intérieur du sous-bois elle met en scène, et en abîme, les sous-jacences vertigineuses de l’intériorité.

Frédéric ROLLAND | 17 septembre 2018


Between Two Worlds

Dominique Van den Bergh draws. With a brush, she superimposes subtle layers of black ink depicting a universe in which time no longer holds sway. Her characters seem suspended, immobilised in a story that is slipping through their fingers. The landscape catches up with them, crushing all will to escape, transfixing them in an ageless nature in which they wander aimlessly in a fathomless delay. Quiet as they are, they are delivered to resignation. Immobile as they are, their presence evokes sleepwalking. Sometimes they come closer to one another in a shared stupor. Nature in its hostile familiarity envelops them in an immemorial veil. A fox wonders; birds freeze, then fly away in a dreamy flapping of wings. In those crepuscular scenes an unruffled uncanniness floats, in which silence takes shape, the shape of a body. Where does the turmoil originate? What is that rampant mystery? A man stands staring. A woman stands at the edge of an abyss. Alone or in small groups, some beings walk round, forlorn, and furthermore, bereft of all ideas. Wandering blindly they allow themselves to be driven by the clarity of mists, a distant reflection of an impossible illumination. Boreal vapours, wordless rustlings, intangible presences... Dominique Van den Bergh paints a floating world. Within the coppice she stages, en abyme, the dizzying undercurrents of interiority.

Frédéric ROLLAND | 17 September 2018


http://www.dominique-vandenbergh.be

© Frédéric Rolland - SOFAM - Belgique

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